La Floride : L’expérience d’une vie.

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Floride :
« La péninsule de Floride [Etats-Unis], presque aussi grande que l’Angleterre (650 km sur 220 km), est une large apophyse prolongeant vers le sud, au cœur des latitudes subtropicales, la plaine littorale atlantique, aménagée dans les calcaires karstifiés et couronnés de récifs coralliens ou « keys » ; elle bénéficie d’un contexte climatique à tonalité franchement tropicale (hivers tièdes : 26°C à Orlando, 20°C à Miami ; étés chauds : 29°C à Miami) qui lui confère deux de ses aspects les plus originaux : sa vocation agricole agrumière et l’essor spectaculaire de son tourisme. »

Universalis


C’est pendant l’été 2016, à la suite de mes études en école d’ingénieur, que j’ai eu l’occasion de partir aux Etats-Unis, et plus particulièrement en Floride, à Mims, en tant que bénévole dans un ranch, le Wild Horse Rescue Center, pendant deux mois. Cette expérience est de loin la plus incroyable que j’ai eu à vivre, et celle qui a chamboulé le court de ma vie. Même s’il s’agit d’un voyage effectué il y a déjà un an et demi, il a plus que jamais impacté mes choix et mes réflexions d’aujourd’hui.

Le 25 Juin 2016, j’ai pris l’avion pour la première fois, seule, vers un pays que je ne connaissait pas, et dont ses habitants parlent une langue que je maîtrise à peine. Autant vous dire que si j’avais rendez-vous avec quelque chose, c’était bien avec l’angoisse.
Les quelques neuf heures jusqu’à Atlanta se sont relativement bien déroulées. Observer les paysages du ciel, une fois le continent atteint, c’était juste magique. Le stress est revenu ensuite quand il a fallu que je me repère dans l’aéroport, pour prendre mon deuxième avion en direction d’Orlando. Heureusement que j’avais quatre petites heures pour me repérer, car à la douane, j’ai cru que j’étais bonne pour faire le chemin en sens inverse. Avec mon anglais pathétique, j’ai eu tellement de mal à m’exprimer, et à me faire comprendre, qu’ils sont venus s’y mettre à plusieurs pour décider, ou non, de mon entrée sur le sol américain. Après qu’ils aient convenu que je n’étais pas une folle dangereuse, j’ai pu continuer mon périple. Je suis arrivée à Orlando vers 17h15 (heure locale). Le temps de récupérer ma valise, de trouver mon chauffeur, et de faire la route jusque Mims, nous sommes arrivés au ranch vers 20h30. Je n’étais pas la seule nouvelle venue, une italienne débarquait aussi le même jour. Un brin rassurant. Nous nous sommes présentées à tous les volontaires, et personnellement, après une douche bien méritée, je me suis endormie en un claquement de doigts.

Le programme de mes journées ressemblait un petit peu à celui-ci :

  • 8h00 (puis progressivement 8h20) : Réveil
  • 8h30 : Début de la journée avec les morning chores (ou corvées matinales).
      • Ramassage de crottin dans l’enclos qui nous était attribué.
      • Ratissage du sable pour laisser un sol à la surface homogène.
      • Distribution de foin pour tous les chevaux du ranch.
      • Nettoyage des seaux d’eau.
      • Changement de l’eau souillée par de l’eau fraîche.
      • Distribution de la ration du matin aux chevaux.
      • Nettoyage des enclos des chiens, des cochon et des poules + leur alimentation.

    La petite variante était la corvée daily cleaning. Attribuée à une personne différente chaque jour, elle consistait au nettoyage quotidien des parties communes (cuisine, bureau, salon, terrasse + piscine).

  • 12h30 : Déjeuner
  • 15h00 : Reprise du travail avec les evening chores.
    • C’était plus ou moins les mêmes corvées que celles du matin, à la différence qu’on ne ratissait pas une deuxième fois le sable, et qu’on laissait les poules et les cochons faire leur vie. C’était donc plus rapide, et ça nous permettait de prendre soin des chevaux qui avaient des problèmes de peau ou de comportement.

On avait aussi très souvent plusieurs activités de prévues dans la semaine, comme des visites, des sorties à la plage, des dîners au restaurant etc …

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Je ne vais pas vous mentir, malgré tout ce que m’apportaient les chevaux, et tout ce que j’ai pu leur apporter, j’ai eu de gros passages à vide. La deuxième, et surtout la troisième semaine ont été particulièrement difficiles à vivre. La chaleur – on travaillait quand même sous un soleil d’été en Floride – est devenue de plus en plus étouffante. C’était aussi physiquement très éprouvant. Et la manière dont on était traités n’était pas toujours correcte. J’ai même songé à avancer de trois semaines mon départ. Ce qui m’a retenue ? Trois choses.

Pendant cette période, j’ai rencontré des gens totalement incroyables, venus d’horizons différents : Italie, Allemagne, Ecosse, Danemark, Nouvelle-Zélande, Suède, Belgique, Angleterre, Suisse. Le mélange de culture était particulièrement enrichissant. Je me suis fait de véritables amies.
J’ai aussi rencontré la jument de ma vie, Foxy. Le dernier mois de mon bénévolat, je ne l’ai quasiment passé qu’avec elle. Une réelle complicité s’est installée. Je passais des heures à la regarder, à jouer avec elle. Elle a pansé mes blessures, et m’a offert une nouvelle vision de la vie.

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J’ai découvert un nouveau pays, et fait plein de visites étonnantes. Je ne me suis jamais réveillée devant un aussi beau paysage que celui du ranch. J’ai pu visiter le Kennedy Space Center, Disney World, Universal. J’ai assisté à du rodéo, des compétitions westerns, et tant d’autres choses.

Et ce qui a véritablement changé ma vie, c’est la signature du contrat d’adoption de Foxy, le 15 Août 2016, jour de mon départ.

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          Ce voyage a marqué un tournant dans ma vie. J’ai goûté au véritable bonheur. Il a été très dur de revenir dans le « monde réel » après ça.


Le ranch :
Wild Horse Rescue Center
1200 Lake Harney Woods Blvd
Mims, Florida 32754

« The Wild Horse Rescue Center (WHRC) is dedicated to the preservation of America’s wild horses. We rescue, rehabilitate, and find new homes for mustangs and burros. We provide educational clinics and seminars to the public. We are based in Mims, Florida. »

[J’ai repéré cet endroit via l’organisme WEP, mais je ne suis passée par eux pour aucune démarche.]


Un petit mot pour Foxy

Tout a commencé en Juillet 2016. J’étais dans l’enclos d’à côté, et tu es venue me trouver en passant ton nez à travers la barrière. Nous nous sommes regardées un instant, je t’ai frotté l’encolure, et nous sommes reparties, chacune de notre côté. Quelques jours plus tard, c’est de ton enclos dont j’ai eu à m’occuper. Au fil des jours tu as réussi à me redonner le sourire, et à me faire rire. Tu m’as porté une attention particulière qui m’a fait me sentir spéciale. Quand tu venais coller ton nez sous mon bras quand je m’occupais d’autres que toi, quand tu venais poser ta tête sur mon épaule quand j’avais besoin d’un câlin, quand tu venais me chatouiller la nuque pour que je me tourne vers toi, et toutes ces petites choses qui changent le quotidien. Tu as soulagé mon cœur en pansant ses blessures. Tu m’as, certes, un peu agacée en renversant ma brouette pleine alors que je venais de finir, mais tu m’as donné tellement plus que ce qu’un être humain est capable de donner. Tu es devenue, avec le temps, un de ces piliers qui manquait à ma vie. Tu es devenue l’oxygène qu’il me manquait pour respirer. Tu es devenue un trésor dont je dois prendre soin. C’est très probablement de l’égoïsme, mais je ne peux supporter de t’avoir loin de moi. Tu es mon amie, ma famille, et ma motivation. Je me suis construite grâce à toi. J’ai compris qui j’étais grâce à toi. J’ai besoin de toi.

Je t’aime Foxy.

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Photographie : Capture Emoi


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