Cavalcade des Blogs : Une question de confiance.

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Cette idée d’article ne m’est pas venue d’une façon hyper originale, mais j’avais quand même en tête de vous écrire quelque chose de ressemblant. Aujourd’hui, on oublie les sujets théoriques, et on va aborder ce qu’on trouve de plus profond en équitation : la confiance.

Cet article est rédigé dans le cadre de l’édition n°44 de la « Cavalcade des Blogs », organisé par la rédactrice de Cheval Facile, et dont le thème du mois de Mars est proposé par Emilie, rédactrice du blog Cavali’Erre, et qui s’intitule Question de confiance.

Je ne peux pas aborder ce sujet sans penser à nous petite Foxy.

QUAND JE CROYAIS SAVOIR

Depuis que je sais monter à cheval, j’ai toujours eu cette confiance en moi, que je n’avais jamais quand j’étais séparée des chevaux. Au club, je me sentais plus forte. Je savais que quoi qu’on me demande de faire, j’allais foncer, sans me poser de question, car j’avais une confiance automatique en ma monture. Je pouvais, non, je devais le faire.
Seulement aujourd’hui, plusieurs années après, je comprends seulement ce que signifie le mot « confiance ». Car toi, ma petite jument, tu es, avec ma maman, le seul être vivant sur cette planète qui possède mon entière et pleine confiance.

L’HISTOIRE QUI M’A FAIT COMPRENDRE

Nous sommes le lundi 4 Juillet 2016, le soleil nous brûle la peau en cet après-midi encore bien chaud. Eblouie, je tente quand même de lever les yeux pour apercevoir les valises de ces deux bénévoles devant le bus. C’est le jour des départs. Le lundi c’est toujours compliqué. Tu t’attaches à ces personnes, et ensuite tu les vois partir. C’est avec une vive émotion que je l’ai serrée dans mes bras pour lui dire au revoir, à cette bénévole qui s’occupait de ton enclos. C’est ce départ qui marque le début de notre histoire.

Le lendemain, comme chaque mardi, nouvelle attribution des enclos à nettoyer. J’apprends que je dois dire au revoir à Hope et ses deux acolytes, pour dire bonjour à Rain, Foxy, et Palomino. Je ne connais pas leurs histoires. Je ne connais pas leurs réactions face aux Hommes.
Premier jour, je m’emploie à nettoyer vos crottins, à homogénéiser le sable, et à remplir vos seaux d’eau. Vous ne prêtez pas plus attention à moi que je ne vous prête attention.

Deux jours, trois jours, quatre jours passent, et un matin, dégoulinante de sueur, épuisée par la chaleur et le poids de la brouette, je te vois agiter les naseaux au niveau de mon râteau, qui s’écroule rapidement au sol. Hébétée tu me regardes, sans bouger, mais attentive. Je me rapproche pour ramasser ce que tu viens de faire tomber, et dès mon premier pas, tu te sauves. Je ne suis pas surprise venant d’un cheval né sauvage, maltraité par l’humain. A ce qu’on dit, tu ne te laisses approcher que par peu de personnes, mais tu es gentille.
Cinquième jour dans votre enclos. Je ramasse un énième crottin que je dépose dans la brouette. C’est alors que je sens quelque chose de doux et chaud qui me chatouille la nuque. C’est ton petit bout de nez. Je me retourne vers toi, je pose ma main sur ton encolure, et te murmure des petits mots. Tu es venue me donner la force de continuer mon travail.

2018-03-20_14.06.02Les jours défilent, et les moments de complicité se multiplient. Quand tu ne viens pas renverser ma brouette pleine, tu viens glisser ta tête sous mon bras quand je m’intéresse à d’autres que toi. Pendant de longues minutes j’enfouie mon visage dans tes crins, ta tête posée sur mon épaule. Plus le temps passe, et plus on me fait remarquer que je suis là pour travailler, et non pas pour jouer avec toi.

La fin du mois de Juillet approche. Je profite de mon passage en Floride pour visiter les lieux touristiques, et te quitte pendant quelques jours. Mon attirance pour toi n’est plus un mystère pour personne. A chaque occasion je place dans la conversation combien tu es importante. Je crois que je commence à tous les énerver à répéter sans cesse la même chose à ton sujet.

Le début du mois d’Août est là. Fini les sorties, les balades, ou que sais-je. Maintenant c’est avec toi que je reste, jours de repos inclus.

Une nuit, alors que je n’arrivais pas à dormir, je suis venue te voir, et je me suis assise à ton côté. J’ai immédiatement été apaisée.
Tu devenais vraiment essentielle à mon bien-être.

En cet fin d’après-midi d’Août, je suis encore dans ton enclos, à te regarder, à jouer avec toi. A un moment, je me retrouve prise en sandwich entre toi et Palomino. Je sens que quelque chose la dérange. Elle bouge brusquement, et je prends peur. J’enroule violemment mes bras autour de ton encolure, que je serre, prise de panique, et je ferme les yeux, en attendant de recevoir le coup. Mais aucun coup n’est venu, et quand je t’ai lâchée, tu l’as immédiatement faite fuir, en essayant de la mordre, les oreilles couchées.
Et là, à cet instant précis, j’ai su ce que signifiait avoir confiance. J’avais une confiance aveugle en toi, cheval sauvage effrayé par l’Homme. C’est la seule fois de ma vie où je t’ai vu agressive.
Je suis restée debout, tu m’as regardée, et les larmes me sont montées. J’avais eu peur, et en même temps j’étais tellement touchée de ce qui venait de se passer. M’avais-tu réellement défendue à ce moment là ? Je ne le saurai jamais, mais je me plais à le croire.

La confiance et l’amour sont des armes. De très puissantes armes qui permettent de franchir des montagnes. Nous en sommes l’exemple.

UNE FOLLE DECISION

J’entame mon avant dernière semaine de bénévolat. Je ne peux pas croire que je vais te 2018-03-20_14.07.07quitter. Non, je ne peux tout simplement pas. Plusieurs fois on m’a surpise à pleurer mon départ et surtout, notre séparation. Et un jour, une bénévole me glisse à l’oreille : « Ramène-la en France ! ». Sur le moment je rigole. Je n’ai clairement pas les moyens pour cela. Mon coeur s’est fendu.

Seulement, plus je me rapproche de la date fatidique, et plus j’y pense. Avec beaucoup de soutien, et une maman extraordinaire sans qui tout cela n’aurait tout simplement jamais pu être possible, j’ai pris la décision de devenir propriétaire. Pas propriétaire de n’importe quel cheval. Mais proprietaire de ma Foxy.

La clé de cette aventure que nous avons commencée ensemble : la confiance.

Tout d’abord, la confiance de ma mère, qui, à plusieurs milliers de kilomètres, a senti du plus profond de son coeur, l’importance que tu as pour moi. Elle m’a fait confiance les yeux fermés quand je lui ai dit que je t’assumerai seule. Que j’y arriverai malgré mon statut d’étudiante.

Mais surtout, la confiance que tu m’as accordée dès le début. Avant même que je te regarde. Confiance en l’espèce qui t’as autrefois battue. C’est toi petit mustang qui nous as portées. C’est la confiance que tu as placée en moi qui nous a donné des ailes, et qui a rendu tout ce qui ressemblait à un rêve, possible. C’est un cadeau que tu m’as fait, et me fais toujours, qui est inestimable, et dont je ne serai jamais digne.

Quand j’ai demandé ton adoption, la gérante du ranch n’a pas paru surprise. Elle m’a confié que tu avais énormément changée en mes deux mois de présence. Que maintenant, tu allais même vers l’Homme désormais. Et c’est en total confiance en moi, qu’après un essai, elle m’a laissé t’adopter. Elle m’a parlé de ce lien spécial qui unit parfois un humain et un cheval, ce lien rare, qui s’observe dans le regard. Elle m’a dit qu’elle le retrouvait chez nous.

ET MAINTENANT

Aujourd’hui tu es près de moi. Nous avons réussi notre pari.

Nous avançons ensemble, à ton rythme. Il te faut du temps, et beaucoup de douceur. Nous avons, comme tous, des hauts et des bas. Des jours où tu te braques sans que je comprenne pourquoi. Et des jours où, quand je te demande quelque chose, tu y vas sans réflichir parce que je suis avec toi. Et cette confiance me donne à chaque fois des frissons. L’impression d’être si spéciale quand je suis en ta présence. Et tout ce que tu m’apportes malgré les épreuves que tu as traversées.

Tu m’as transmis cette force que je ne saurai perdre. Tu es mon exemple, mon moteur, mon soleil dans la vie.

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4 réflexions sur “Cavalcade des Blogs : Une question de confiance.

  1. Purée, j’ai emmené et ramené ma jument en/de Suisse, et c’était déjà la galère, et toi tu as fait traversé l’Atlantique à la tienne? Alors là chapeau!
    C’est fou comme la confiance peut grandir vite quand c’est la bonne rencontre!

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai été tellement impressionnée de la confiance que Foxy m’a donnée, si vite, en connaissant son passé. La vie est pleine de surprise et de belles rencontres.
      Je ne me serai jamais crue capable d’une telle folie, avant que l’amour s’en mêle.

      J'aime

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